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Pourquoi les Crabes... ?

A l’origine de ce surnom, la guéguerre psychologique entre les MOBistes et les JSMBistes qui avait atteint les cimes des contrepèteries au début des années 70.

En ces temps, Bgayet n’était pas aussi tentaculaire qu’elle l’est aujourd’hui. Ihaddaden, Sidi Ahmed, Aamriw etc, étaient encore à l’état vierge. Il n’y avait, pratiquement, que la haute ville, la plaine (l’khemis), et El houma Bizaine hérité de l’époque où Béjaia fût capitale des Hammadites (Le roi Moulay Nacer Amelnass qui était un grand amateur de faucons y avait installé une fauconnerie. L’altércation du mot Bizaine a donné Bazine par un glissement lapsual des voyelles “i” et “a”.

A de rares exceptions, les supporters de la JSMB se recrutaient dans la haute ville et ceux du MOB dans les deux autres quartiers (L’khemis et Houma Bazine). Une frontière virtuelle séparait les deux camps qui menaient une guerre de tranchées sous forme de boutades et sobriquets.

Ainsi les MOBistes traitaient ceux de la JSMB de fils de “Baya” (marraine de la haute ville en quelque sorte) et les JSMBistes leurs renvoyaient la balle en les traitant de fils de “Matasse” (matasse est en fait le nom donné à une fabrique de liège située à l’khemis jusqu’aux années soixante et où travaillait la gente féminine-fait très rare à l’époque), puis voyant que ce sobriquet de matasse ne soulevait pas de réaction chez les MOBistes qui restaient de marbre, on les traita de “crapauds”. L’allusion était faite à l’un des quartiers MOBiste, en l’occurence Ighzer bou imqarqar (le ruisseau des crapauds).

Ce sobriquet n’étant pas du goût des MOBistes, ils l’ont subtilement remodelé en y usant d’un lapsus qui donna “crabe”, le sympathique crustacé à l’air insolent et dont les pinces broient ses proies avec une promptitude déconcertante.

La parade était trouvée et les MOBistes assument pleinement et fièrement ce surnom de “crabe” dont ils ont fait la mascotte du club. Ce qui ne dépareille pas pour un club d’une ville côtière et qui sied au tempérament des MOBistes qui fulminent qu’on les titille sur les couleurs du club.

Ils sombrent alors dans une rage verte comme un “crabe enragé” du nom d’une des 200 espèces que compte la famille de ce crustacé.

Extrait du livre : “M.O.B : Histoire et Parcours”