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Khima Allaoua, 62 ans de service....oumazal !

Pour que les anciens se rappellent et les plus jeunes sachent et apprennent

Khima Allaoua est né le 17 décembre 1930 à Bejaia ou il a intégré l’US Bejaia en 1946. Dda Allaoua, comme l’appelle affectueusement les mobistes, nous raconte la création du MOB :

« …Le Mouloudia de Bejaia a vu le jour après la fusion de l’USB et du CSB, j’étais parmi le premier groupe qui a donné naissance à ce club avec les Said Aouchiche, président de l’USB, Kasri Allaoua, Oudali, Ali Hadahoum, Talantikit, Tebbache, Tazarout, Djaouadi Amar, Redouane Redouani, Said Babacha,… »

Dda Allaoua qui a joué au MOB pendant 6 mois avant de tenter sa chance en France, ajoute que :

« …en 1954, j’ai pris mes bagages pour me rendre à Marseille à bord d’un bateau de marchandise. J’ai joué dans un club amateur pendant une saison avant d’intégrer Château Gambart ou j’ai gagné la coupe provençale (sud EST) en 1957. Une année après, j’ai fait un test convaincant avec l’OM mais mon président m’a orienté vers le SETE auquel j’ai passé de très bons moments… »

La rencontre qui est rester gravée dans la mémoire du professionnel Bougiote est ce ¼ de finales de la coupe de France :

« …cette année là, en 1958, on avait la chance d’atteindre les ¼ de finales contre la grande équipe de Reims ou évoluaient presque la totalité des joueurs internationaux français, détenteurs de la 3e place au mondial de suède, tels Collona, Vandelin, Janquet, Piantonnet, Coppa, Jean Jaques, Fontaine…., ce match joué au stade du vélodrome de Marseille est revenu à cette grande team après prolongation grâce à une erreur de notre arrière droit à la dernière minute. L’espagnol Balmania, notre entraîneur, a su trouver la tactique pour contrecarrer ses stars françaises. On a joué aussi plusieurs matchs ici en Algérie à Constantine,Belabbas et Oran… »

Khima Allaoua

Le militant nationaliste a quitté SETE pour Charbourg ou il a passé 3 bonnes saisons. Concernant l’équipe du FLN, il nous affirme que :

« …J’étais dans le 2e vague qui devrait rallier Tunis avec Ahmed Arab, Soukhane, Bouchache, et les autres mais comme j’étais marié et père de 2 enfants, les responsables politiques m’ont autorisé à rester en France. Apres l’indépendance, j’ai pas voulu faire de carte moudjahidine malgré mon engagement total pour la cause nationale. j’étais responsable de section en France et j’ai fais ça par devoir envers ma patrie c tout… »

Après l’indépendance, en 1964, il est revenu à sa ville natale et directement au MOB ou il a passé 2 saisons comme entraîneur/joueur. À une question sur les contacts à ce moment là, il nous répond :

« …J’avais plusieurs contacts avec le CRB, NAHD, MCA, j’ai même fait des essais avec le CRB et le NAHD mais j’ai pas voulu quitter Bejaia malgré l’insistance de Ali Benfeddah pour m’enrôler au RC Kouba et de Soukhane au MCA. Le MOB était méconnu à cette époque et c’est grâce à moi qu’elle a pris une autre dimension… »

Dda Allaoua a aidé et entraîné beaucoup de clubs de la région comme le MOB, la JSMB, Akbou, Amizour, Tichy, le CCB, la Sonama, l’armée et la police. Il regrette l’amitié qui a disparue chez nos sportifs d’aujourd’hui, en affirmant que :

« …au temps de l’USB, il y avait une grande camaraderie alors qu’à mon retour de France, j’ai découvert un autre visage surtout avec l’apparition des clans au sein du MOB, vraiment j’étais très déçu ».

...avant de continuer :

« …Parmi les présidents qui m’ont marqué, y a Said Aouchiche et Abboud alors que j’ai évolué avec de talentueux joueurs tels Hamid Oualdali, Hafid Khellil, Bouzemboua, Gaoua Azzedine, Kennane Hafid, Zahir Ladjouze… »

L'équipe du MOB (1963-1964)













A une question sur la star mobiste de l’époque, à savoir Mokhtar Bouzemboua, Dda Allaoua nous explique que :

« …Il est pétri de qualités, j’ai changé de poste pour lui laisser plus de champ libre afin de s’exprimer, son défunt père n’a pas voulu qu’il parte ailleurs, même Oualdali et Fuster sont de très bons footballeurs… »

L’homme qui a passé plus de 62 ans dans les stades regrette la situation désastreuse de notre sport roi en affirmant :

« …Actuellement, beaucoup de personnes courent pour présider les différents clubs, ils s’intéressent trop aux affaires au détriment du sport et la raison essentielle qui a fait régresser le niveau du football est l’argent. Si les responsables ont créé un vrai professionnalisme avec des contrats de 2 à 3ans, les clubs et l’équipe nationale tireront profit car il y ‘aura des résultats probants… »

Dda Allaoua revient sur la coupe d’Algérie arrachée hautement par la JSMB, en disant :

« …c’est un très bon succès pour toute la wilaya, ils ont honorés Bougie et ce n’est que le début car ils vont prendre confiance. Ils peuvent arracher d’autres titres, pourquoi pas le championnat, car ils ont un très bon groupe… »

Malgré son âge très avancé, 78 ans, Khima n’est pas resté à l’écart du football :

« …j’ai crée une équipe sport et travail du quartier Taassast et une équipe de jeunes que j’ai nommé l’ USB avec laquelle j’ai pas moins de 35 enfants de 11/14ans. Malgré l’aide de l’APC et la DJS, que je remercie au passage, je manque de l’essentiel pour moi, à savoir un local où je peux inculquer à ces chérubins les schémas tactiques et leurs emplacements sur le terrain, j’ai beaucoup de jeunes qui ont intégrés cette année le MOB et la JSMB. Un autre inconvénient réside toujours dans le manque de compétition, car la ligue n’a pas jugé utile d’organiser une coupe de wilaya pour cette catégorie, donc on comble ce vide par des matchs amicaux… »

Le dernier mot de Khima Allaoua est un message de remerciement à :

« …Nacer Yahiaoui, les membres de l’APC, les membres de l’APW et le directeur de la DJS. J’appelle ses responsables à aider plus ces jeunes qui pourront être de grandes stars s’ils seront bien encadrés, je peux pas oublier les anciens joueurs du MOB et de la JSMB qui sont de très bons amis et très reconnaissant envers moi sans oublier mon ami intime Salah Addour… »

Espérant que les responsables locaux repondront à ces appels qui viennent d’un monsieur de 78 ans dont sa carrière est derrière lui. L’amour du football et la volonté de transmettre son savoir aux futures générations sont des preuves tangibles que Khima Allaoua est un éducateur hors pair.

La Dépêche de Kabylie du 21-08-2008